« Arrêtons d’en faire trop ! » Dans notre société de consommation où le sexe est devenu un produit comme les autres, soumis à de trop nombreux diktats, un nouveau courant émerge plus light, plus slow. Et si la clé d’une sexualité épanouie était d’en faire moins ? Et si le secret d’une sexualité aussi épanouissante qu’intense était la lenteur ? Et si on oubliait un peu la performance et qu’on prenait enfin le temps du plaisir. Plus c’est lent, plus c’est bon. Sensuellement, intensément, passionnément. Peace and love… Et love encore.
Et si vous testiez le « slow sex », l’amour en pleine conscience?
Après la slow food, voici le « slow sex », autrement dit « la décélération érotique », un mouvement prôné par un sociologue italien, devenu un phénomène de société aux Etats-Unis. Une pratique de plus en plus vantée, le « slow sex » consiste à faire l’amour lentement en mettant l’accent sur les sensations avant tout, sur la caresse progressive avec tranquillité et délectation plutôt que de chercher l’orgasme éphémère à tout prix et sans détour. Il s’agit donc de profiter du voyage plutôt que de la destination, de la quête plutôt que de la découverte. Concrètement, en débranchant son téléphone, en s’assurant que rien ne viendra interrompre les ébats et en s’interdisant d’associer sexualité et performance.
Une conception de la sexualité à l’opposé de notre culture dominante, qui n’associe le désir et le plaisir qu’à la pulsion et à l’excitation. Le plus difficile est sans doute de changer de temporalité. Dans notre culture, et du coup dans nos esprits, le temps doit être rentable. Y compris le temps de la sexualité, d’où un conditionnement pour aller droit au but, à savoir l’orgasme. Le slow sex, c’est exactement le contraire : le plaisir, c’est le chemin ; les caresses, le regard sont les sensations et les émotions associées. La tête et le corps ne font plus qu’un.
Beaucoup d’hommes sont, aujourd’hui encore, « pris » dans une sexualité mécanique, où les femmes ne s’y retrouvent plus. C’est une évidence ! De façon caricaturale et pourtant très réaliste, les mâles opèrent avec précipitation, brûlant les étapes, en allant droit au but (les seins, les fesses, le sexe).» Messieurs, nous ne sommes pas sur un terrain de foot » ont-elles envie de dire. D’autant plus que cette approche du corps de la femme, est souvent perçue comme prévisible et répétitive. Et qui plus est, semble échouer à les exciter véritablement et à les préparer à la rencontre.
Le slow sex est avant tout un art de vivre sa galipette en prenant conscience de chacune des caresses et sensations du corps pour laisser le plaisir monter en puissance et apprendre à redécouvrir son propre plaisir ainsi que celui de son partenaire. Il faut donc avant toute chose, prendre son temps. Le « slow sex » nous permet de sortir de notre routine sexuelle et surtout de nos automatismes parfois inconscients comme nos peurs et nos objectifs. Pour la femme, il y a souvent la peur de perdre son partenaire si elle ne se laisse pas pénétrer lorsque celui-ci en a l’envie, même si elle ne se sent pas totalement prête à le recevoir en elle. Pour l’homme, il y a la peur de ne pas tenir l’érection et de ne pas satisfaire sa chérie. Habituellement, lorsque nous faisons l’amour nous avons pour objectif l’orgasme et nous mettons tout en œuvre pour arriver à cette fin. Or le « slow sex » nous invite à n’avoir aucun objectif.
Par ce fait, il nous amène à une vraie rencontre avec notre partenaire bien à l’antipode de l’utilisation de l’autre pour notre propre plaisir sexuel.

Le « slow sex » est une manière d’être dans une sexualité sensuelle. Pour rappel, la sensualité est l’art de goûter au plaisir de tous nos sens. Ainsi, être dans une sexualité sensuelle nous permet de ressentir pleinement toutes nos sensations. En laissant se diffuser nos sensations de plaisir de notre zone génitale vers l’entièreté de notre corps, nous ressentons l’extase !
Le « slow sex » nous apporte également plus de souplesse et d’ouverture. En effet, plutôt que d’emprunter automatiquement l’autoroute bien connue où l’arrivée est toujours la même, nous nous autorisons à sortir des grands axes pour découvrir de nouveaux chemins tous aussi différents et plaisants, nous laissant ainsi parcourir cette balade sans fin au fil de nos sensations.
Le « slow sex » est avant tout une méthode d’apprentissage, grâce à la lenteur, à être présent à soi, à l’autre et à sortir de nos schémas habituels de performance pour juste nous laisser porter par le plaisir de nos sensations que ce soit d’abord dans un rythme lent ou plus tard dans des rythmes aussi variés que vos envies !
Il est clair que quand les couples abordent la relation sexuelle d’une manière plus tranquille en savourant et dégustant chaque moment lentement, en conscience, ils font l’expérience de plus de sensibilité, plus de sensualité et plus de satisfaction. Après l’acte sexuel, ils se sentent nourris par l’amour en profondeur, réinvestis de leur force en tant que couple et réinvestis de leur force en tant qu’individus. Et parmi les bienfaits du « slow sex » on gagne :
- Prendre conscience de son corps,
- Décupler les sens,
- Anéantir la performance,
- Relancer le désir,
- Limiter les problèmes d’éjaculation précoce,
- Une sexualité pensée pour les femmes.
Le slow sex, c’est honorer l’amour en lenteur pour se délecter de chaque instant de plaisir.