Si le sexe est censé être un moment de bonheur partagé qui pousse au bien-être au moins, à l’extase au mieux, il arrive quelques fois que la douleur vienne s’immiscer et gâcher complètement la fête. Et ce malheureux contretemps touche principalement les dames.La douleur pendant les rapports a même un nom : la dyspareunie !
On parle de dyspareunie en cas de douleurs lors de rapports sexuels. Celles-ci peuvent apparaître avant, pendant ou après l’acte sexuel. Elles peuvent être ressenties chez l’homme et la femme. Néanmoins, la dyspareunie est un terme médical qui est généralement employé pour désigner les douleurs perçues par les femmes.
Chez les femmes, la dyspareunie est définie comme une douleur génitale récurrente ou persistante qui accompagne toute tentative de pénétration vaginale (verge, doigts, tampons hygiéniques, etc.) ou lors des mouvements de va-et-vient dans le vagin. La douleur peut se situer à un ou plusieurs endroits à la fois, notamment à l’entrée du vagin (vestibule) ou à l’intérieur, au niveau de la vulve, du périnée, au niveau anal et/ou rectal, au niveau du coccyx, près de l’os pubien, autour de la vessie et de l’urètre, au niveau du clitoris ou encore à la symphyse pubienne ou dans la région inguinale.
La pénétration est donc possible, mais (très) désagréable. Le trouble provoque une souffrance personnelle et de couple.
Chez la femme, il est fréquent de distinguer deux types de dyspareunie :
- On parle de dyspareunie superficielle quand la douleur concerne la vulve, le clitoris ou le vagin et apparaît dès le début de la pénétration voire au moindre contact.
- La dyspareunie profonde se manifeste une fois le pénis introduit dans le vagin, et parfois seulement lors de certaines positions (notamment la position en levrette – pénétration vaginale par l’arrière).
En fonction de son origine, le trouble peut être accompagné de pertes de sang, de sécrétions vaginales anormales et d’odeurs fortes des zones génitales.En cas de douleurs pendant un rapport sexuel chez la femme, le terme de vaginisme est parfois employé. Certains spécialistes considèrent le vaginisme comme un type particulier de dyspareunie. Il se traduit par une contraction involontaire de la musculature du périnée, ce qui empêche toute intromission.
On distingue également entre dyspareunie primaire et secondaire.
- Dans la dyspareunie primaire, la douleur est présente depuis toujours.
- Alors qu’on parle de dyspareunie secondaire quand la douleur est survenue après une période plus ou moins longue de rapports sexuels non douloureux. Contrairement au vaginisme, la dyspareunie est fréquemment de type secondaire.
Les dyspareunies sont très fréquentes chez les femmes, y compris chez les femmes jeunes, et semblent très souvent être associées aux paramètres psycho-socio-culturels et au vécu de la sexualité.
Les douleurs lors d’un rapport sexuel peuvent avoir de nombreuses causes, aussi bien physiques que psychiques.
Les causes d’origine physique :
La dyspareunie est dite d’origine physique, ou organique, lorsque les douleurs sont par exemple dues à :
- Une hygiène excessive et des rapports sexuels sans excitation (et donc un défaut de lubrification vaginale) ;
- des infections gynécologiques, parmi lesquelles figurent les mycoses vaginales, comme la candidose vaginale, ou certaines IST, comme la gonorrhée ;
- des inflammations dont celles affectant la vulve (vestibulite), la vessie (cystite), l’urètre (urétrite), les trompes utérines (salpingite) ou le vagin (vaginite) ;
- des causes hormonales (déficit en œstrogènes responsable de sécheresse vaginale ou d’atrophie vaginale, notamment lors de la ménopause ;
- une réaction allergique ;
- des causes dermatologiques (lichen scléreux vulvaire, maladie de Bowen, lichen plan…) ;
- une endométriose, qui est caractérisée par la formation de muqueuse utérine en-dehors de l’utérus ;
- des anomalies du plancher pelvien, c’est-à-dire des troubles au niveau des muscles, des ligaments et des tissus de la région du pelvis ;
- une tumeur pelvienne ;
- certaines opérations gynécologiques, notamment lors d’une hystérectomie, une ablation de l’utérus ;
- des blessures lors de l’accouchement…
Toutefois, toutes les femmes qui rencontrent ces pathologies ne vont pas déclencher une dyspareunie chronique (qui se prolonge au-delà du traitement de la cause initiale des douleurs).
Une dyspareunie peut également être d’origine psychique lorsque les douleurs sont par exemple provoquées par :
- une tension nerveuse, notamment en cas de stress ou d’anxiété ;
- une culpabilité pour tout ce qui touche à la sexualité ;
- un manque d’excitation qui conduit à une sécheresse vaginale ;
- un conflit avec le conjoint ;
- une sensation de peur, notamment lors de la peur de la douleur ou la crainte d’une grossesse non désirée ;
- un traumatisme antérieur, qui peut faire suite à une mauvaise première expérience sexuelle ou à un traumatisme sexuel.
- un abus sexuel
De plus, même si les causes sont uniquement organiques à l’origine, la douleur peut demeurer même une fois la cause traitée, du fait de l’appréhension qui s’est installée. D’où la nécessité, le plus souvent, de traiter à la fois le problème physique et ses conséquences et mécanismes psychologiques.
La dyspareunie peut avoir des conséquences tant physiques que psychologiques. Physiquement, elle empêche souvent la femme de jouir. Par crainte de la douleur, celle-ci va involontairement, par réflexe, contracter ses muscles vaginaux. Cette appréhension de la douleur peut même éteindre tout désir sexuel, ou encore réduire le niveau d’excitation et, de ce fait, la lubrification vaginale. Du coup, l’inconfort et la douleur seront amplifiés lors de l’acte sexuel –un véritable cercle vicieux!
Du point de vue relationnel, si la femme atteinte de dyspareunie n’ose en parler à son partenaire, elle tentera souvent d’éviter les rapports intimes. Ce qui se répercutera inévitablement sur sa vie de couple à moyen terme et provoquera aussi des souffrances personnelles: honte et culpabilité, perte de l’estime de soi ou encore dépression.
Un avis médical est recommandé en cas de dyspareunie persistante, répétée ou de forte intensité. Une série de questions sur les douleurs ressenties lors du rapport sexuel permet de poser un premier diagnostic. Celui-ci peut être confirmé ou approfondi par des examens médicaux complémentaires.
La dyspareunie nécessite souvent une combinaison de traitements d’ordre physique et psychothérapeutique, à adapter selon la situation et en discussion avec la patiente. En voici les plus reconnus pour leur efficacité:
- Le gel lubrifiant: quel que soit le traitement entrepris, il est communément recommandé d’utiliser un gel lubrifiant pendant les rapports sexuels. Il facilite la pénétration et peut atténuer la crainte des douleurs. De plus, il augmente généralement les sensations de plaisir. Le médecin pourra conseiller la patiente pour le choix du gel le mieux adapté.
- un traitement médicamenteux, notamment lors d’infections gynécologiques ;
- une substitution hormonale, notamment lors de la ménopause ;
- La sexothérapie cognitive et comportementale peut également se révéler très efficace et est scientifiquement prouvée. Elle a pour objectif une désensibilisation progressive de l’anxiété liée à la pénétration et à la crainte de nouvelles douleurs. Cela en amenant la patiente à reconnaître les pensées qui modulent l’intensité de la douleur, les sentiments que le mal réveille en elle et ceux qui agissent sur la douleur, puis en apprenant à agir sur la manière d’atténuer et de contrôler les sensations douloureuses. Le thérapeute va aussi apprendre à la patiente et au couple à restructurer leur «script sexuel», soit la façon dont se déroule l’acte sexuel, pour laisser plus de place aux activités érotiques sans pénétration.
- La chirurgie: une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire et utile dans certains cas très précis (par exemple, endométriose, myomes, tumeurs). Si on y a recours, il est toujours recommandé de la combiner avec une sexo/psychothérapie.