Vaginisme : quand le corps dit non à la pénétration

« Lorsqu’une poussière entre dans notre œil, notre premier réflexe

« Lorsqu’une poussière entre dans notre œil, notre premier réflexe est de fermer la paupière pour s’en protéger. Le vaginisme, en tant que mécanisme de défense, fonctionne de la même manière. Les femmes qui en sont atteintes contractent inconsciemment leurs muscles du périnée pour empêcher les tentatives d’intrusion dans leur vagin. Certaines femmes développent une peur panique de la pénétration avant même le début de leur vie sexuelle, le plus souvent à cause d’une représentation erronée de leur anatomie. Mais ce trouble peut être surmonté. Fort heureusement d’ailleurs !
🌿 Le vaginisme, qu’est-ce que c’est ?

Le vaginisme est une contraction musculaire péri-vaginale non voulue qui empêche la femme d’avoir des rapports sexuels avec son partenaire. Cela entraîne des souffrances insupportables, voire atroces, qui contraignent le couple à arrêter la pénétration.
Et si pénétration il y a, celle-ci ne se fait pas sans une souffrance insupportable (sensation de brûlure, d’irritation, voire même de blessure à l’entrée du vagin). Or, contrairement à ce que certaines femmes pensentil n’est absolument pas normal d’avoir mal lorsqu’on fait l’amour. Pourtant, de nombreuses femmes choisissent de ne pas en parler, considérant le sujet comme tabou, et se considérant elles-mêmes comme “anormales”, tout en ayant peur d’avoir un problème physique. Cette anxiété ressentie et non exprimée contribue à renforcer la phobie de la pénétration, les faisant rentrer dans un cercle vicieux particulièrement difficile à enrayer. Le seul moment où leur parole se délie est lorsqu’elles cherchent à avoir un enfant.

Les conduites d’évitement sont assez classiques, la femme recherche l’intimité sexuelle mais panique à l’idée de la pénétration, ainsi elle retirera la main de son compagnon qui caresse son sexe de peur qu’il n’essaie subrepticement d’introduire un doigt dans son vagin, gardera les genoux serrés lors des ébats, parfois se laissera convaincre, mais la contraction forte des muscles de son périnée rendra infructueuse et douloureuse toute tentative de pénétration.Le compagnon n’est parfois pas choisi au hasard, préférant un compagnon doux et compréhensif. La souffrance de ces femmes est grande, souffrant souvent d’un manque de compassion face à ce qui semble naturel aux autres ; « faites un effort » ont-elles souvent entendu.

Les organes génitaux sont normaux et ne présentent aucune pathologie, mais lors de chaque intrusion du pénis dans l’orifice vaginal, celui-ci se rétracte involontairement et entraîne de vives douleurs difficilement tenables. L’acte sexuel devient irréalisable, les cuisses se ferment et les muscles du vagin se contractent.Outre les rapports sexuels douloureux, les examens gynécologiques, tels que le frottis, sont difficilement réalisables, tout comme l’insertion d’un tampon.

🌸 Les différents types de vaginisme :

Il existe deux types de vaginisme :

  • un vaginisme dit primaire, qui apparaît au début de la vie sexuelle de la femme et se prolonge dans le temps.
  • un vaginisme dit secondaire, qui intervient du jour au lendemain, alors que l’on a eu une vie sexuelle épanouie, sans aucune difficulté de pénétration.

Le vaginisme est considéré comme global, lorsqu’il se rencontre dans toutes les situations, aussi bien lors des rapports sexuels, que lors du port d’un tampon, ou de l’intrusion d’un spéculum.

Il est dit situationnel, lorsqu’il se produit uniquement dans des situations bien précises, avec certains partenaires mais pas d’autres, ou lors de rapport mais pas pour l’introduction du tampon ou du spéculum.

Les causes du vaginisme :

Lors d’un vaginisme primaire, la femme ne connaît généralement pas bien son corps et ses parties intimes. Souvent, elle s’imagine avec un hymen indéchirable, un vagin de petite taille, étriqué, qui ne laisse pas de place pour l’intrusion du pénis. Un manque d’éducation sexuelle ou un enseignement strict où le sexe est proscrit, peuvent être à l’origine de ce trouble.

Cependant, le vaginisme peut également relever d’une cause psychologique : malgré la connaissance de son corps et de son vagin, les muscles se contractent et l’intromission est impossible. Pour expliquer ce trouble, on évoque alors un traumatisme : une première tentative douloureuse, voire des caresses incestueuses pendant la jeunesse.

Dans le cas d’un vaginisme secondaire, une dyspareunie (douleur lors des rapports) est souvent à l’origine du problème. La peur de souffrir conduit le corps à se défendre contre la douleur et à se protéger en contractant les muscles. Il peut survenir également après un choc sentimental, après avoir connu un partenaire agressif, maladroit, une agression sexuelle et même après la découverte d’une MST.

En résumé, le vaginisme trouve toujours son origine au niveau psychologique, mais les causes peuvent être nombreuses :

  • La peur de tomber enceinte, d’avoir un enfant : la femme a de grandes difficultés à s’imaginer accoucher et s’occuper d’un bébé.
  • La peur d’avoir mal, notamment suite à un accouchement.
  • La peur des infections sexuellement transmissibles.
  • Le refus de grandir, de devenir une femme.
  • Une expérience sexuelle traumatisante ou douloureuse (viol, agression sexuelle, première fois douloureuse, partenaire maladroit, examens médicaux invasifs…).
  • Un choc sentimental, voire même professionnel.
  • Une vision erronée de son corps : suite à un manque d’information et au fait que la femme n’a jamais exploré son appareil génital, elle pense qu’elle possède un vagin petit, trop étroit pour accueillir un pénis ou qu’un hymen indéchirable y obstrue l’entrée.
  • Une éducation trop stricte : la femme a une vision péjorative de la sexualité suite à des interdits moraux ou religieux forts, ce qui la culpabilise.
Le traitement envisageable :

Il faut savoir que le vaginisme est un symptôme sexuel qui se guérit bien heureusement, les femmes ne doivent plus hésiter à consulter dans le but de se réapproprier son corps : Il est nécessaire de prendre son temps dans le processus de réappropriation de son corps.

Une sexothérapie permet de surmonter le vaginisme. Des exercices pour aider à contrôler son corps et relaxer les muscles péri-vaginaux peuvent être proposés.

Lorsque la femme aura réussi à surmonter son symptôme, il faudra privilégier des positions sexuelles dans lesquelles elle peut avoir le contrôle, comme l’Andromaque (la femme s’installe à califourchon sur l’homme, allongé sur le dos, NDLR) plutôt que le missionnaire où elle aura l’impression de subir l’intrusion du partenaire. Et, plus que tout, il est essentiel d’avoir une éducation sexuelle de qualité dès le plus jeune âge afin de connaître son anatomie et d’éviter de développer des peurs irrationnelles.

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