De nos jours, de plus en plus de couples se déchirent et se séparent sans même s’accorder le temps de se rencontrer réellement et calmement afin d’échanger sur leurs besoins divers et respectifs. L’un et l’autre sont souvent emprisonnés dans des schémas, des croyances éducatives et sociétales et un quotidien qui à eux tous, dominent bien plus que l’amour et l’authenticité. Certains tabous personnels contraignent notre pratique sexuelle. Se libérer et exprimer pleinement sa libido peut être source de plaisir et d’épanouissement, surtout si c’est en couple. Et pourtant en parler est essentiel!
La sexualité est une partie essentielle de notre vie. Nous devrions donc ne pas la traiter comme un tabou si nous voulons nous enrichir à travers elle. Nous ne pouvons donc mettre un terme aux mythes qui l’entourent qu’à travers l’éducation, la recherche et le dialogue.
Nous avons tous des tabous qui freinent notre épanouissement sexuel. Chacun crée ses propres freins (ou tabous) en fonction de son éducation, de sa religion, ou de ses idées reçues sur la sexualité ou encore par habitude, certains tabous peuvent être source de souffrance. Certains interdits comme l’inceste ou la pédophilie par exemple sont des interdits fondateurs et heureusement intouchables. Ils nous aident à maintenir notre intégrité physique et psychologique.
D’autres tabous comme l’adultère, la pudeur, l’échangisme, ou la masturbation par exemple, peuvent être des interdits religieux ou personnels difficiles à dépasser. Dans certains cas, ces interdictions entraînent une souffrance et un besoin de transgression.
Une très grosse majorité des personnes questionnées dans diverses études – pas moins de 88% – estiment que le sexe est un sujet de discussion d’importance pour leur couple.
Mais ils n’en parlent pas car :
- ils ont peur de blesser leur conjoint (62%),
- se sentent embarrassés à l’idée d’exprimer leurs propres désirs (56%),
- ne trouvent pas l’autre suffisamment à l’écoute (55%).
- …
Ils ressentent de la gêne, ils ont probablement peur de trop se dévoiler, de confier leurs fantasmes et d’être jugés ou moqués ou fragilisés par les confidences. Peut-être pensent-ils que la sexualité n’a pas besoin des mots pour être améliorée. Sans doute craignent-ils d’avoir l’air d’accorder de l’importance à la sexualité et d’être taxés de pervers, d’obsédé.
Beaucoup de couples n’arrivent pas à parler de leur sexualité en dehors des moments qui lui sont consacrés. Or, parler de sexe à n’importe quel moment de la journée peut (car ce qui vaut pour l’un ne vaut pas toujours pour l’autre) faire naître le désir. C’est aussi un moyen d’exprimer ses attentes, son mécontentement ou ses frustrations. Attention : tout ne peut pas être dit n’importe comment au risque de brusquer son partenaire, ce qui aurait l’effet inverse.
Lorsque la communication verbale au sein du couple se fait compliquée, l’énergie sexuelle du duo va automatiquement perdre de sa puissance et de ce fait, installer une sexualité plutôt mécanique, distante, voire inexistante. C’est à partir de cette absence de communication que le couple va se positionner aussi bien corporellement que psychologiquement en associés routiniers.
N’oublions pas que la première personne avec qui nous vivons est nous-mêmes, autant bien dialoguer avec soi pour mieux entendre l’autre.
Plutôt que de dire : «Tu devrais… » ou «Tu t’y prends mal…», dites plutôt «J’aimerais que tu…» ou «Cela me plairait si…». Votre partenaire ne prendra pas votre remarque pour une critique, mais plutôt comme une suggestion, ce qui sera plus évident à gérer pour lui.
Aller au-delà de ses tabous, c’est accepter de lever son inhibition et de comprendre l’origine de ses difficultés. Identifier les scénarios effrayant ou culpabilisant à l’origine de ses interdits permet de prendre du recul et de s’autoriser à essayer.
Plutôt que de se concentrer sur le plaisir de l’autre, n’hésitez pas à vous écouter, à expérimenter et à suivre votre désir. Que ce soit dans un lieu nouveau, avec des accessoires, seul ou avec un partenaire, la curiosité et l’envie de se surprendre peuvent devenir ludiques et aident à dépasser ses tabous.
Effacer des années d’interdits et découvrir ce qui nous fait vraiment plaisir prend du temps. Se débarrasser de ses peurs, de ses pudeurs et de ses a priori nécessite d’être à l’écoute de ses désirs mais aussi de les partager avec l’autre.
N’hésitez pas à bousculer vos habitudes en guidant votre partenaire vers une nouvelle façon de faire l’amour. Que ce soit par le dialogue, des jeux érotiques ou la prise d’initiative, montrez-lui ce qui vous fait plaisir. S’aventurer ensemble vers de nouvelles découvertes rassure et aide à aller au-delà de ses tabous.
Il faut souligner aussi l’importance de varier les actes sexuels. Même si vous savez quels gestes et comportements qui vous font monter au 7ème ciel, si vous vous en contentez et n’explorez plus rien d’autre, la lassitude sera au rendez-vous.
Et parler est d’autant plus important que la sexualité est éminemment une aptitude, un art, un comportement – on prend le mot qu’on préfère – aussi culturel et personnel que naturel. Contrairement à ce que d’aucuns croient, le sexe ne peut pas être réduit à un comportement physiologique. Bien sûr, certains éléments le sont – être excité, bander, mouiller, jouir – mais ces composantes biologiques sont influencées par des données culturelles historiques comme des éléments éducationnels et personnels. Il faut donc parler – avec les précautions voulues – à l’autre, choisir le bon moment, les mots justes et non blessants mais il est important de dire comment on vit les moments d’intimité, ce qu’on aime et apprécie moins, ce qu’on voudrait…
Il est donc important de changer la conception que nous avons du sexe. Et donc d’arrêter de le considérer comme un tabou ou une obligation. La sexualité est un ensemble de comportements humains qui peuvent apporter de nombreux bénéfices à tout individu (comme détaillé dans les précédents articles). Nous ne devrions donc pas faire l’erreur de le gâcher avec des tabous enfermés ou une mauvaise vision du sexe dans la société.